Chronique d’une stagiaire mode pendant la Fashion Week
La semaine dernière, j’ai entamé ma deuxième Fashion Week. Pour la deuxième fois, j’ai squatté les parvis des défilés et toujours pas les front rows, mais je commence à mieux le vivre. Il faut dire que j’ai aussi compris une chose importante : je ne suis pas (encore) Anna Wintour. Ca paraît évident comme ça mais pour moi et mon égo surdimensionné, ça a été dur à avaler.
Peu importe, totalement connectée avec cette semaine de la mode d’importance mondiale pour beaucoup de monde (si, si je vous jure), je me suis armée de mon appareil photo, de mon collier de blogueuse qui en jette et de mon plus beau sourire pour dénicher les meilleurs looks d’individus (presque) lambdas traînant aux abords des défilés par PUR hasard.
Oui, en période de Fashion Week à Paris, les talons de 12, les fourrures roses, les robes de créateurs et les jambes nues, c’est NORMAL et je suis sûre que ce petit détail ne vous avait pas échappé.

(Petite parenthèse : on a l’impression que je le vis bien comme ça donc il faut que je clarifie les choses. La mode est avant tout un monde cruel et impitoyable. Je vous explique.)
Stagiaire de mon état, je décide d’envoyer une demi-centaine de mails pour obtenir le st-graal de toutes les journalistes de mode : les invitations au défilé. Le cher et tendre attaché de presse d’Elie Saab me demande les noms des personnes qui souhaiteraient assister au fameux show. Je donne donc ceux de mes deux collègues et le mien (ET LE MIEN). Je le relance pour être sur qu’il ne nous a pas oublié. Bien sûr que non.
Ô stupeur, Ô tremblements, Ô SURPRISE quand mes deux collègues reçoivent leur invitation cartonnée et calligraphiée à la main de leur joli nom et que moi NON. Voilà, même si au tréfonds de mon âme, je trouve les robes d’Elie Saab magnifiques à en pleurer, je ne l’avouerai plus ja-mais.
Revenons à nos moutons, j’ai aussi joué (à merveille) la paparazzi pendant la Fashion Week . J’ai littéralement failli mourir et pas seulement de jalousie.

15 heures : le défilé Dior va commencer. Je me marre quand j’entends les photographes/paparazzis hurler à la mort (promis, je n’en rajoute pas) pour attirer l’attention des stars, des mannequins, pire,des blogueuses qui font leur entrée sur le tapis rouge de Dior. Quand, soudain, perdue parmi les 1000 stagiaires qui, comme moi, scrutent les alentours pour trouver la perle rare du look ( et dans mon cas, repérer un éventuel Nicolas Duvauchelle au détour d’une ruelle), j’aperçois Natalia Vodianova, mannequin pour Etam depuis… toujours.
En un quart de seconde, me voilà entourée d’environ 60 photographes qui donneraient leur vie et celle de leurs enfants pour une photo d’elle. Impossible de leur échapper, je suis donc écrasée, bousculée, transportée dans un autre monde où mes pieds ne touchent plus le sol. Puis, tel un rugbyman en pleine mêlée, j’ai joué des épaules et me suis sortie de ce guet-apens avec tous mes membres, grâce à Dieu. Pour Kate Moss, moi aussi j’aurais vendu ma mère mais, là quand même, NON.

Mis à part cette mésaventure, j’avoue que jouer les paparazzis m’a bien plu. J’ai pris une photo de Carine Rotfield que je pense sincèrement vendre à Voici pour un bon prix et j’étais au troisième rang du premier défilé Zadig et Voltaire, je me rapproche de la gloire.
Il faut dire que je crie sur tous les toits qu’être journaliste dans la mode, c’est bien mais pas pour toute la vie. Mais en période de Fashion Week, je reconsidère beaucoup cette petite théorie. Je m’y verrais bien. De toute façon, je suis obligée d’y retourner à la saison prochaine : je n’ai toujours pas vu Karl Lagerfeld.







