Dieu me fait des histoires.

Tous les jours, il m'arrive quelque chose. J'ai toujours une histoire à raconter oú le Pierre Richard de l'amour/de la vie, c'est moi. Mais parfois, quand Dieu me laisse en paix, je tends vers le Brad Pitt et là, ça devient cool.

BACK TO PARIS

Une semaine après, jour pour jour pour être en phase avec le destin, je suis encore dans l’avion.

J’aurai aimé écrire que je repars en Corse envers et contre tout pour rejoindre le garçon qui me manque plus que tout et que j’avais juré d’oublier aussi vite que je l’avais connu…mais non. Non, parce qu’il a pas vraiment proposé et parce je me suis retenue d’insister aussi fort que mon cœur peut le permettre. (Au moment où j’écris cette phrase, je regarde à travers le hublot de cet avion Easy Jet orange criard où la clim´ semble être en option comme tout le reste, et un avion Air Corsica est entrain de faire demi tour pour décoller. Qu’on vienne me dire que Dieu n’a pas fait ça pour me narguer moi et mon deuil amoureux. )


La vérité c’est que je repars à Paris. Tellement de mauvais souvenirs ont pris le dessus sur les bons quand j’y vivais que je n’ai AUCUNE envie d’y retourner. J’aime pas les Parisiens même s’ils sont très beaux à regarder, j’aime pas le métro et je pourrais trouver encore des millions de choses parce que je suis une râleuse professionnelle mais je vais m’arrêter la, je dois autant redorer mon blason que mon karma à Paris.


D’ailleurs, ça y est, j’y suis. On a atterri juste à côté d’un avion…Corsicair. Je suis persécutée par Dieu, par la vie, par tout aujourd’hui. Bon, pour plein de monde, ce serait juste le hasard mais si je décide que le hasard dirige ma vie, tout devient incroyablement triste et je n’ai plus rien à raconter.

J’avais oublié comme je détestais attendre dans un aéroport, encore plus qu’y travailler tout un été. J’attends mes bagages donc je m’ennuie, je regarde les gens, je suis jalouse de ce jeune couple beaucoup trop amoureux qui fête ses retrouvailles et je suis vraiment à deux doigts de remonter dans un avion pour vous savez oú pour finir femme de pêcheur et prier pour que le ciré revienne à la mode.

Mais non, je vais aller prendre l’Orly Val, c’est plus glamour et tellement plus chaleureux. Et puis voilà, j’entendrai “prochaine station-Châtelet les Halles”, la divine mélodie des portes du métro qui s’ouvrent et je serai définitivement ré-arrivée à Paris.

Adieu la Corse

Ça y est, je rentre. Pas de home sweet home, plutôt des adieux à la Corse, pour toujours, à jamais. Je savais pas qu’il y avait autre chose que les hommes pour me briser le cœur et c’est encore plus fort.

Alors je m’en vais après six mois de désamour, impossible à effacer de ma mémoire. La mer turquoise va me manquer, et leur passe temps préféré aussi : se laisser vivre, comme ils disent.
Moi je me serai bien laissée vivre toute ma vie là-bas mais on nait corse ou on l’est pas.

Je sais qu’il ne faut jamais dire jamais, peut être que je reviendrai la semaine prochaine si on me force un peu. Je suis tombée amoureuse beaucoup trop fort l’année dernière mais ça ne m’a pas empêché de (presque) recommencer cette année. À la dernière minute, bien sûr mais assez pour que je me demande si le pilote est gay ou non pour tenter une approche et qu’il fasse subitement demi tour. Après tout, les avions, c’est plus ce que c’était maintenant et mon cœur ne survivra pas à deux crises d’amour en un été.

Alors je dis ça parce que c’est récent, deux jours de bonheur pour six mois de déchirement où j’ai laissé ma fierté légendaire, ma voiture et l’ex village de ma vie, ça ne peut pas faire pencher la balance. Et pourtant, là, dans l’avion quand je vois pour une dernière fois cette île de tous mes déboires, j’ai aucune envie de m’en aller.

Ca m’était encore jamais arrivé de m’amouracher d’un garçon comme lui, encore moins une semaine avant de partir. Et puis, je m’étais dit que cette fois avec le temps qui m’était compté, je me jetterai pas dans la gueule du loup : je profite une semaine, pas un jour de plus et puis je l’oublie dès que je monte dans l’avion. Toutes les filles du monde ont des aventures d’été qui restent des aventures d’été…mais, comme disait le serveur gay du bar avec qui je bossais et notais les mecs qui venaient au comptoir sur leur potentiel sexy- j’ai un petit coeur. J’ai trouvé ça tellement mignon et maintenant, je trouve ça tellement triste.

Bien sûr qu’une semaine m’a suffit encore, pour m’imaginer tous les scénarios du monde.

Ca se fera jamais, je vais jamais le voir débarquer “sur le continent” pour venir me chercher et arriver in extremis à l’aéroport avant que je prenne mon vol pour Paris. Non, ça c’est seulement avec Scarlett Johansson dans les films et certainement pas avec un Corse qui vit de pêche et de Marlboro rouge, loin du glamour mais tellement authentique.

Alors puisque personne ne peut jamais rien me promettre, je vais faire comme d’habitude : déprimer un peu, à grands coups de chansons corses pour rester dans le thème- rien de plus triste, même pas Coeur de Pirate et sa petite mort- et oublier beaucoup - ce qui serait tellement plus simple sans Snapchat et tous les autres qui m’empêchent de faire mon deuil amoureux tranquillement.

Les garçons, la Corse, et moi


Deux mois bientôt que je suis retournée en Corse et je n’arrive pas à écrire une ligne sur mon retour. J’y arrive pas parce que j’ai passé le meilleur été de ma vie dans ce village corse et que je ne voulais pas tourner la page cette année, je ne voulais pas que ces bonnes choses là aient une fin, tout de suite. Voilà, l’histoire de ma vie en ce moment c’est un peu Capri, c’est fini.

Alors, je m’y accroche comme jamais. Ca sonne pas très gai et pourtant, je suis sur ma terrasse, les cheveux déja platine le 3 juin et bronzée puisque j’ai passé l’apres-midi allongée à la plage, à rhabiller tout le monde pour l’hiver -ma véritable passion dans la vie- en  prenant rendez-vous pour mes prochains articles. A peu de choses près, ma définition du bonheur.

Vivre ici, c’est comme vivre dans Gossip Girl, sans le glamour ni le mariage à la fin, que des emmerdes. On ferme les fenêtres si on veut pouvoir bitcher tranquille et on ne dit rien à personne parce qu’ici plus qu’ailleurs, "tout se sait, un jour." Ca fait peur ? Terriblement.

Mais j’ai eu le plus gros chagrin d’amour de ma vie dans ce village, l’année dernière, j’ai été la fille la plus raisonnable du monde pour un mec trop vieux pour moi- toujours beau comme un dieu- qui m’a brisé le coeur, tellement que cette année, l’année de mes 22 ans, je vais papillonner et à bas les potins.

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Pour faire plus imagé, habiter dans ce village, c’est un peu comme participer à une émission de télé-réalité et je serai la nouvelle participante, entrain de vivre la deuxième saison. On reprend les mêmes, on ajoute quelques nouveaux et on recommence, tout en sachant que tout le monde nous regarde.

Me voilà, entourée de beaux garçons, bergers à 20 ans, mais sexy, que je n’avais jamais remarqué avant et qui s’amusent avec moi comme ils se sont déja amusés avec toutes les autres ici , comme si j’étais comme ces filles qui arrivent à établir des plans machiavéliques pour que les garçons tombent dans leurs bras. NON, jamais.

Je suis la naïveté incarnée et je me jette dans la gueule du loup sans retenue. Alors, j’ai décidé de laisser Oscar Wilde là où il était, de ne pas tomber amoureuse cette année et de m’amuser comme toutes les filles de 22 ans qui passerait l’été en Corse.

Est-ce que je vais y arriver ? Ca va dépendre de Dieu, comme toujours, et de sa capacité à mettre sur mon chemin, des “hommes de ma vie” potentiels.

Rien que la semaine dernière, j’ai littéralement failli mourir d’amour pour ce serveur beaucoup trop beau et je n’ai pas eu d’autres choix que de laisser mon numéro au labello.Cerise.

Mais je vais tout faire pour pas me marier avec, promis. Cet été, je teste pour vous "ne pas avoir de coeur pendant 90 jours."

MON COEUR BALANCE

En cette période de Fashion Week parisienne, je meurs de tristesse en pensant qu’il y a un an, jour pour jour, j’y étais. Je regardais Anna Wintour dans les yeux (bon, c’était à regard unique, et alors?) et cherchais désespérément Karl, perchée sur mes talons de 12 devant le grand palais.

C’est certainement mon seul souvenir de Paris qui en vaut la peine, avec ma copine suédoise, les pâtisseries orientales de la Mosquée, la rencontre avec l’homme qui a remplacé Brad, Jude, Ryan, dans mon coeur et les milliers de cadeaux que j’ai reçu grâce à mon fabuleux statut de stagiaire mode.

Partir en Corse pour “décompresser de la vie parisienne” est certainement la meilleure chose qui me soit arrivée depuis toujours mais aussi la pire, vu que mon coeur est resté là-bas quelque part entre le bar du village et la mer et cet homme déclaré trop vieux pour moi qui m’a envoyé en cure de désamour pendant de longues semaines.

Sauf que maintenant que mon coeur va mieux et que la mode ne me fait plus les yeux doux et que J’AI EU MON PERMIS (au bout de quatre ans, cent vingt heures et cinq moniteurs au bord du suicide), une question signe et persiste sur mes lèvres : que faire de ma vie ?

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1/ Retourner à Paris pour redevenir stagiaire mode… chez Glamour. Je suis devenue journaliste pour travailler chez Glamour. C’est la Bible, c’est mieux que le sexe, que la drogue, que Vogue MAIS je ne veux plus être stagiaire ni parisienne avec 436,34 euros par mois.

2/ Devenir journaliste ailleurs. Je suis la fille avec le plus d’espoir au monde. Je veux dire, je crois encore que si Karl m’avait vu ce jour-là devant le Grand Palais, il aurait chamboulé son défilé pour que je puisse marcher sur le catwalk en Chanel ou j’ai toujours l’intime conviction que, si j’ai croisé DEUX FOIS Nicolas Duvauchelle dans des soirées sans le voir, c’est parce que le coup de foudre arrivera la troisième fois. Et j’ai encore 19000 exemples. Mais devenir journaliste, même dans le journal régional du fin fond de la Creuse, ça me semble impossible. PERSONNE ne veut de moi comme journaliste, tout le monde me veut comme stagiaire et j’en veux à la terre entière pour ça.

3/ Je pars à l’étranger. L’option la plus envisageable. Quitte à faire autre chose que du journalisme autant le faire sous le soleil. Je veux dire, je veux bien devenir serveuse engagée ou, pire, caissière (Nawal, je t’aime) si je le fais à Saint Bart ou à Amsterdam (pour une toute autre raison que le soleil, certes.) Mais il faut du courage pour partir toute seule, chose dont je manque crucialement dans la vie mais que je vais finir pas trouver dès que j’aurais regarder La vie rêvée de Walter Mitty.

4/ Retourner en Corse. Bien sûr, là c’est mon coeur qui parle et j’ai beaucoup trop écouté mon coeur dans la vie pour savoir que ce n’est pas toujours une bonne idée.

5/ Continuer à me demander ce que je fais bien pouvoir faire de ma vie du haut de mes 22 ans, éblouie par le soleil depuis mon lit et attendre que Dieu me fasse un signe.

6/ Trouver quelqu’un pour m’offrir un journal intime au lieu de polluer la toile avec ma vie. (En même temps, il faut bien que je me plaigne quelque part, à quelqu’un du peu de crédit que Dieu accorde à ma vie, non ?)

Il y a celles qui aiment Lena Dunham et celles qui ne l’aiment pas.

Je pense qu’il y a deux sortes de filles dans la vie : celles qui aiment Lena Dunham aka l’héroïne de la série Girls et celles qui ne l’aiment pas.

Vous avez deviner dans quelle catégorie je suis ? NON ?

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Bon. Après un premier essai, il y a un an à Paris, où j’ai littéralement abandonné au bout de dix minutes du premier épisode : pas de beaux gosses, pas de sacs Chanel, pas de guerre, pas de drogue, pas de sang…j’ai finalement regardé les deux saisons de la série et fait une étude approfondie sur Lena Dunham, devenue “la nouvelle Marilyn Monroe” du XXIème siècle parce qu’elle a des formes et qu’elle les assumes tous les soirs sur HBO.

En deux ans, elle est devenue la reine du glamour pour ne pas s’être laissée prendre au jeu des diktats de la mode. Dans quelques temps, les filles du monde entier qui ne font pas du 36 descendront dans la rue en scandant "Lena Présidente !" et personne ne trouvera rien à redire parce que ça ne fera pas de mal à notre génération et à celles qui arrivent de réaliser que Victoria Beckham et les Anges de Victoria’s Secret, ce n’est pas la vraie vie mais que Lena, c’est l’avenir. AH BON.

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Le problème n’est pas tellement qu’elle assume ses rondeurs qu’on a clairement vu sous toutes les coutures dans tous les épisodes (elle aime le sexe la petite Lena -aucun doute là dessus- et nous aussi), non, c’est plutôt qu’elles nous les crache à la figure, tellement qu’on se sentirait presque mal d’être mince ou juste dans la norme, comme si ne pas avoir d’aussi grosses poignets d’amour qu’elle faisaient de nous des filles superficielles. Voyons.

Dans sa série qu’elle a crée (et je lui tire mon chapeau pour ça), elle veut restaurer l’image de la femme, redonner confiance aux ados et prôner la taille 40 parce qu’il y en a a marre des filles qui se saignent pour ressembler aux clichés qu’on voit dans les magazines. Elle semble définitivement bien dans ses baskets puisqu’elle laisse les hommes lui dire qu’elle est "belle, pour une grosse" sans pleurer des torrents après. AH.

Seulement voilà, dans Girls (et dans la vie), elle n’est pas jolie, elle n’est pas attachante (je suis une proie facile,j’étais totalement amoureuse de Jesse dans Breaking Bad et vous m’auriez laissé une saison de plus, j’étais amoureuse de Mr White) mais surtout elle est la disgrâce incarnée, un peu plus, à chaque épisode.

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Sauf que Lena est amoureuse et c’est là qu’on se retrouve. Même si j’ai eu du mal à trouver quelque chose de sexy chez son mec Adam, à force de le voir torse nu ET de le voir la regarder plein d’amour, j’ai dû me rendre à l’évidence, c’est un mec bien sous tous rapports et je la comprends. L’amour, ca rapproche, n’est-ce pas ?

Malgré tout, maintenant que je l’ai rhabillé en taille 50 pour l’hiver, je vais regarder la saison 3… pour Jessa et Sosh,deux miracles dans cette série, en priant pour qu’Hannah rencontre une sorte de gourou spirituel qui lui apprenne à rester elle même sans en faire des caisses. En attendant, je fermerai les yeux pour pas me trouver trop pudique, maniérée ou…maigre.

AIME MOI 2014

Je rêve trop et c’est pas bon pour ma réalité.

Je ne pourrais même pas compter combien de fois j’ai déjà imaginé mon mariage, (moi qui ai juré de ne JAMAIS me marier, mais quand le romantisme prend le dessus…) rien que cet été, sur la place du village en Corse, avec ma robe blanche à manches longues et mon gros diamant, ou combien de fois je me suis vue arriver au bureau en Harley à la Brigitte Bardot, parce que le mec aime les motos.

J’ai un énorme péché mignon dans la vie : les garçons. A cause de ça, j’ai perdu quelques copines et certainement des millions de fois, ma fierté et je n’ai rien gagné que des souvenirs qui disparaissent avec le temps et des bleus au coeur qui font mal mais, mon dieu, ils me rendent heureuse comme personne.

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Mon bonheur/mon destin/ma bataille se résume donc à trouver l’amour et à le garder et c’est LA que Dieu et sa miséricorde qu’il ne m’accorde jamais, entre en jeu. Je veux dire, comme on me l’a gentiment rappelé à la soirée du Nouvel An, je ne suis pas Claudia Schiffer mais je ne suis pas non plus Ugly Betty. Ni même Magalie Vaë ou Susan Boyle. Je devrais donc pouvoir trouver quelqu’un de mon âge, bien sous tout rapport, bon parti et qui accepte de m’amener au loto du village le dimanche et de me ramener à l’heure pour Sept à Huit, non ? J’en demande trop ?

Bien sûr que je pourrais trouver quelqu’un comme ça. j’en vois plein défiler sur Tinder (d’ailleurs, super idée cette appli, mon premier “match” m’a donné l’impression d’avoir accompli quelque chose dans la vie) et même au quotidien comme ce gentil caissier à Auchan que ma mère “trouvait pas mal ” et qui m’a donné envie de pleurer tellement il transpirait la bonté et la gentillesse. Oh oui, il m’aurait emmené au loto celui-là. MAIS NON.

Ce n’est pas que je veuille un bad boy absolument. Bien évidemment, je me suis déjà rêvée femme de mafieux- surtout après avoir regardé Casino, Gangster Squad et les six saisons de Soprano- avec le flingue dans la table de chevet et des bijoux en or à plus savoir quoi en faire, mais un chirurgien m’irait aussi. Même un artiste, tant qu’il est torturé. Ou un footballeur, intelligent (et sexy), un agriculteur.

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Je veux dire, je suis tombée amoureuse d’un Corse de 18 ans de plus que moi, qui vit dans un village de 200 habitants et qui pense grosso modo avec ses copains que la femme est faite pour la cuisine et les enfants et moi j’étais prête à vivre AVEC CA, à cuisiner du figatellu toute ma vie et à appeller mon fils Doumé et ca n’a pas suffit.

Alors oui, j’ai le chic, le don de me jeter dans la gueule du loup parce que je ne fais jamais la même erreur deux fois. Plutôt cinq ou six, pour être bien sûre que mon coeur aime la souffrance. Au cas où.

Et puis après, je pleure.

C’est même mon activité favorite en ce moment entre regarder Breaking Bad„ hésiter entre finir en CDD dans le journal de la Creuse (si même ça, serait envisageable), en stage chez Glamour (oui, j’ai réussi) ou partir faire serveuse en Australie, prier pour enfin avoir mon permis et fêter ça à Amsterdam, devenir blogueuse mode avec les sacs Lancel de ma mère et me demander quelle tenue je choisirais le jour où je déciderai finalement d’en finir… Je rigole. Ou pas.

Mais ce qui hante mon esprit encore un peu plus est indubitablement la raison qui m’a poussé à retourner en Corse raviver mon chagrin d’amour en cette (putain de) fin d’année 2013. Et je crois que la réponse est désespérante : dans chagrin d’amour, il y a quand même amour.

Voilà. Happy new year to me. C’est l’année du tigre, on y croit.

Joyeux anniversaire .

Demain, j’ai 22 ans. Dieu que le temps passe vite. Sur cette photo dans la cuisine, je suis assise tout en bas des escaliers, le sourire aux lèvres et je sais pas encore que la vie ne fait pas que des cadeaux.

Je sais pas encore que je manquerais tellement d’amour que je vais passer tout mon temps à le chercher, que je vais trop donner mon corps pour me faire des pansements au cœur. Je sais pas non plus que je ferais tellement mieux l’amour que l’amitié, que les filles ne m’aimeront jamais vraiment et que j’arriverais jamais à les aimer non plus, que l’espoir guidera beaucoup trop ma vie au point de me le faire graver dans la peau.

Je devine pas encore que les garçons seront aussi méchants quand ils seront des hommes, qu’ils vont jouer avec mon cœur comme ils jouaient au ballon, que je leur ferais jamais autant de mal qu’ils m’en font, que je les aimerais toujours plus que ce qu’ils m’aiment.

Avec mes yeux candides, je me doutais pas non plus de ce que mes parents deviendraient, deux étrangers l’un pour l’autre, l’un pour moi. J’aurais pas pu savoir sans amour sous mon toit qu’à mes 20 ans, je n’aurais pas de home sweet home, mais seulement celle de l’un ou de l’autre.

J’avais pas idée que ce monde serait trop dur pour moi, que j’essayerais toujours de m’enfuir, de m’évader avec autant de fumée pour m’aider. Je savais pas que je serais autant énervée que passionnée, aussi entêtée que dévastée, que je me jetterais dans la gueule du loup avec autant de bon cœur que de lucidité.

Personne m’avait dit qu’il fallait que je réfléchisse deux fois plus que les autres avant d’agir, parce que j’ai le sang beaucoup trop chaud et le cœur beaucoup trop fragile.

Alors, cette photo de moi, j’ai envie de la déchirer parce que j’aime pas ce que j’en ai fait. Je pouvais pas savoir que ma vie se résumerait à pas crier , à pas pleurer et à tomber amoureuse.

Je pensais pas, à cette époque, que je pourrais faire autant d’erreur et retenir autant de sanglots avant d’avoir un quart de siècle .

Joyeux anniversaire.

Chronique d’une stagiaire mode pendant la Fashion Week

La semaine dernière, j’ai entamé ma deuxième Fashion Week. Pour la deuxième fois, j’ai squatté les parvis des défilés et toujours pas les front rows, mais je commence à mieux le vivre. Il faut dire que j’ai aussi compris une chose importante : je ne suis pas (encore) Anna Wintour. Ca paraît évident comme ça mais pour moi et mon égo surdimensionné, ça a été dur à avaler.

Peu importe, totalement connectée avec cette semaine de la mode d’importance mondiale pour beaucoup de monde (si, si je vous jure), je me suis armée de mon appareil photo, de mon collier de blogueuse qui en jette et de mon plus beau sourire pour dénicher les meilleurs looks d’individus (presque) lambdas traînant aux abords des défilés par PUR hasard.

Oui, en période de Fashion Week à Paris, les talons de 12, les fourrures roses, les robes de créateurs et les jambes nues, c’est NORMAL et je suis sûre que ce petit détail ne vous avait pas échappé.

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(Petite parenthèse : on a l’impression que je le vis bien comme ça donc il faut que je clarifie les choses. La mode est avant tout un monde cruel et impitoyable. Je vous explique.)

Stagiaire de mon état, je décide d’envoyer une demi-centaine de mails pour obtenir le st-graal de toutes les journalistes de mode : les invitations au défilé. Le cher et tendre attaché de presse d’Elie Saab me demande les noms des personnes qui souhaiteraient assister au fameux show. Je donne donc ceux de mes deux collègues et le mien (ET LE MIEN). Je le relance pour être sur qu’il ne nous a pas oublié. Bien sûr que non.

Ô stupeur, Ô tremblements, Ô SURPRISE quand mes deux collègues reçoivent leur invitation cartonnée et calligraphiée à la main de leur joli nom et que moi NON. Voilà, même si au tréfonds de mon âme, je trouve les robes d’Elie Saab magnifiques à en pleurer, je ne l’avouerai plus ja-mais.

Revenons à nos moutons, j’ai aussi joué (à merveille) la paparazzi pendant la Fashion Week . J’ai littéralement failli mourir et pas seulement de jalousie.

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15 heures : le défilé Dior va commencer. Je me marre quand j’entends les photographes/paparazzis hurler à la mort (promis, je n’en rajoute pas) pour attirer l’attention des stars, des mannequins, pire,des blogueuses qui font leur entrée sur le tapis rouge de Dior. Quand, soudain, perdue parmi les 1000 stagiaires qui, comme moi, scrutent les alentours pour trouver la perle rare du look ( et dans mon cas, repérer un éventuel Nicolas Duvauchelle au détour d’une ruelle), j’aperçois Natalia Vodianova, mannequin pour Etam depuis… toujours.

En un quart de seconde, me voilà entourée d’environ 60 photographes qui donneraient leur vie et celle de leurs enfants pour une photo d’elle. Impossible de leur échapper, je suis donc écrasée, bousculée, transportée dans un autre monde où mes pieds ne touchent plus le sol. Puis, tel un rugbyman en pleine mêlée, j’ai joué des épaules et me suis sortie de ce guet-apens avec tous mes membres, grâce à Dieu. Pour Kate Moss, moi aussi j’aurais vendu ma mère mais, là quand même, NON.

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Mis à part cette mésaventure, j’avoue que jouer les paparazzis m’a bien plu. J’ai pris une photo de Carine Rotfield que je pense sincèrement vendre à Voici pour un bon prix et j’étais au troisième rang du premier défilé Zadig et Voltaire, je me rapproche de la gloire.

Il faut dire que je crie sur tous les toits qu’être journaliste dans la mode, c’est bien mais pas pour toute la vie. Mais en période de Fashion Week, je reconsidère beaucoup cette petite théorie. Je m’y verrais bien. De toute façon, je suis obligée d’y retourner à la saison prochaine : je n’ai toujours pas vu Karl Lagerfeld.

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"Dieu : quel autre enculé pourrait assumer à sa place les injustices du monde ?" (et de ma vie ?)

Gainsbourg.

Taper l’incruste au Festival de Cannes

(papier pour mon dernier cours de toute ma vie)

Le Festival de Cannes, c’est officiellement l’évènement cinématographique de l’année. Officieusement, ce sont des soirées à la parisienne dans les plus belles plages privées. Et cette année, je m’étais jurée de participer au Festival de Cannes coûte que coûte. Mais comme je ne suis ni actrice, ni réalisatrice ni même célèbre, j’ai décidé que m’incruster à ces soirées, c’était le meilleur moyen.

« Pour rentrer dans les soirées du Festival, il faut être jolie, bien habillée et pas plus de deux » m’explique Philippe Scott, ancien pion de mon lycée, reconverti dans l’évementiel. (Bien joué.)

Ce n’est évidemment pas tombé dans l’oreille d’une sourde et cette phrase est devenue ma devise pendant cette quinzaine. Bien sûr, non pas que je doute de mes atouts, j’ai préféré assurer mes arrières en profitant de mon statut de jeune future journaliste. J’ai donc réussi à obtenir des pass pour LA fameuse, l’unique Villa des Inrocks. Bon, pour le glamour, on repassera , les talons qui s’enfoncent dans la pelouse, ca fait plus festival en Normandie que Festival de Cannes mais pour l’open cocktail à la vodka et à la roquette, on reste.

A la conquête des stars

Pour autant, ce que je voulais vraiment connaître, c’étaient les soirées mondaines de Cannes, là où je pouvais croiser Jude Law. Alors, après avoir fait jouer tous nos contacts, nous voilà moi et ma copine, jolies et donc bien habillées atterrir à la Villa Schweppes. Cette fois-ci, mes talons ne s’enfoncent pas dans la pelouse… mais dans le sable ! Peu importe, le champagne coule à flot sans que j’ai besoin de sourire ou de dépenser un euro. Que demande le peuple ? Jude Law toujours. Même Brad Pitt aurait fait l’affaire. Mais non,  les beaux gosses américains avaient clairement autre chose à faire, eux.

Alors, j’ai siroté mes coupes de champagne à côté de deux grandes célébrités… Cerise de Groupama et Rudy de Plus Belle La Vie ! OH MON DIEU.

Je suis déçue, Cerise ne porte pas sa robe à pois verts, quand, au loin j’aperçois enfin le beau gosse frenchy, journaliste de surcroit, j’ai nommé Vincent Glad. Mais malgré les effets du champagne, je n’ai pas trouvé le courage nécessaire pour lui demander de m’embaucher à Canal +. Tant pis, je m’en vais.

Toujours pleine d’espoir, c’est à la Villa Baron que je compte cette fois-ci assister à un défilé de célébrités qui en valent la peine, après une file d’attente dans laquelle j’ai failli perdre mes bras, mon sac et l’équilibre. Le verre de vin coûte 18 euros, la bière 14, je resterai donc à l’eau cette nuit. Essayant de respirer le peu d’air libre disponible de la villa, je suis en terrasse. Vincent Glad est toujours là mais désormais je m’en fiche. Joey Starr est en face moi tranquillement entrain de se « poudrer le nez ». La voilà ma star. Bon, niveau beaugossitude, c’est pas ça, oui mais voila, je viens d’assister à une scène incroyable, digne des plus grosses soirées parisiennes. Je suis ravie.

Il est 4h30, j’ai les poumons qui ne fonctionnent plus, je m’en vais. En passant devant le Dj, je reconnais Sébastien Tellier qui n’a aucune délimitation entre sa barbe et ses cheveux, sales. Sur le chemin du retour, je réalise que je me lève dans deux heures pour aller faire les vide-greniers à Peymeinade, petite bourgade à  seulement 20 km de Cannes. Et pourtant, croyez moi sur parole, il y a un monde entre les deux et je me dis que j’ai vraiment des passions bizarres dans la vie.