Dieu me fait des histoires.

Tous les jours, il m'arrive quelque chose. J'ai toujours une histoire à raconter ou le Pierre Richard de l'amour/de la vie, c'est moi. Mais parfois, quand Dieu me laisse en paix, je tends vers le Brad Pitt et lA, ca devient cool.

Les dimanches soirs

Les dimanche soirs ne sont jamais faciles. Je pourrais me battre et faire comme si j’étais heureuse même si je me sens seule au monde, comme si j’étais célibattante, le mot le plus dégueulasse de la Terre.

Je pourrais aussi fermer les yeux quand je vois des gens amoureux en soirée, tourner la tête et regarder ce mec ringard à la place qui essaye d’aguicher tout ce qui bouge avec son regard presque langoureux qui pue l’espoir de pas rentrer seul. J’aurais aussi pu ne pas quitter mon dernier petit copain ou en choisir un au hasard dans ce bar, jeudi soir.

Mais non, j’enfonce le clou un peu plus fort et j’écoute Lana del Rey ou la nouvelle bombe en matière de sanglots et de frissons dans mes veines aka Manon de The Voice qui reprend les Daft Punk en français.

Il faut beaucoup de courage pour supporter ces gens qui s’aiment toute une soirée. Ils semblent tellement au-dessus de tout, posés sur leur nuage d’amour tellement solide à se droguer avec l’odeur de l’autre et moi j’admire, en priant pour pas que ça se voit sur mon visage que je meurs de jalousie. Je voudrais pas leur place comme je porterais pas la moitié du dressing de Paris Hilton mais mon dieu qu’est-ce que j’en rêve.

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Alors ce soir, je pleure pas, je suis juste nostalgique, prête à dégainer mon téléphone pour écrire à tous les hommes qui m’ont brisé le coeur. Oh la liste est longue presque autant que celle des Sex Friends de Lindsay Lohan mais je le vis bien d’avoir laisser échouer mon coeur autant que la plus grosse traînée du showbiz a laissé traîner son cul.

Au lieu de leur écrire à eux, j’écris ici, c’est moins toxique pour ma dignité et puis ça me met du baume au coeur.

Je me dis que je pourrais me consoler en attendant mon éternel grand amour dans les gros bras musclés d’un autre mais le coeur n’y est pas, j’ai jamais pensé à avoir un sex friend, je suis tellement vieux jeu avec ça, on est pas des animaux. Et puis, c’est facile de blâmer les hommes parce qu’ils pensent avec leur bite, moi je pense avec mon coeur et c’est encore plus dur à gérer.

Oh, je vis chez les Bisounours, je sais. J’ai toujours été comme ça mais je sens bien que Dieu peut pas me ménager ad vitam. Je ne vais pas pouvoir m’en sortir toute ma vie en essayant de rattraper mon mauvais karma tout en pensant que l’homme de ma vie va venir me chercher comme Django (Unchained), tout en sueur et en testotérone en me rassurant plein d’amour "C’est moi, bébé." Non, ça n’arrivera pas tout comme je ne me suis pas mariée sur la place du village en Corse cet été.

Après tout, c’est Maitre Gims qui a raison : “L’espoir fait vivre mais comment me faire vivre, je suis un zombie”

MON COEUR BALANCE

En cette période de Fashion Week parisienne, je meurs de tristesse en pensant qu’il y a un an, jour pour jour, j’y étais. Je regardais Anna Wintour dans les yeux (bon, c’était à regard unique, et alors?) et cherchais désespérément Karl, perchée sur mes talons de 12 devant le grand palais.

C’est certainement mon seul souvenir de Paris qui en vaut la peine, avec ma copine suédoise, les pâtisseries orientales de la Mosquée, la rencontre avec l’homme qui a remplacé Brad, Jude, Ryan, dans mon coeur et les milliers de cadeaux que j’ai reçu grâce à mon fabuleux statut de stagiaire mode.

Partir en Corse pour “décompresser de la vie parisienne” est certainement la meilleure chose qui me soit arrivée depuis toujours mais aussi la pire, vu que mon coeur est resté là-bas quelque part entre le bar du village et la mer et cet homme déclaré trop vieux pour moi qui m’a envoyé en cure de désamour pendant de longues semaines.

Sauf que maintenant que mon coeur va mieux et que la mode ne me fait plus les yeux doux et que J’AI EU MON PERMIS (au bout de quatre ans, cent vingt heures et cinq moniteurs au bord du suicide), une question signe et persiste sur mes lèvres : que faire de ma vie ?

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1/ Retourner à Paris pour redevenir stagiaire mode… chez Glamour. Je suis devenue journaliste pour travailler chez Glamour. C’est la Bible, c’est mieux que le sexe, que la drogue, que Vogue MAIS je ne veux plus être stagiaire ni parisienne avec 436,34 euros par mois.

2/ Devenir journaliste ailleurs. Je suis la fille avec le plus d’espoir au monde. Je veux dire, je crois encore que si Karl m’avait vu ce jour-là devant le Grand Palais, il aurait chamboulé son défilé pour que je puisse marcher sur le catwalk en Chanel ou j’ai toujours l’intime conviction que, si j’ai croisé DEUX FOIS Nicolas Duvauchelle dans des soirées sans le voir, c’est parce que le coup de foudre arrivera la troisième fois. Et j’ai encore 19000 exemples. Mais devenir journaliste, même dans le journal régional du fin fond de la Creuse, ça me semble impossible. PERSONNE ne veut de moi comme journaliste, tout le monde me veut comme stagiaire et j’en veux à la terre entière pour ça.

3/ Je pars à l’étranger. L’option la plus envisageable. Quitte à faire autre chose que du journalisme autant le faire sous le soleil. Je veux dire, je veux bien devenir serveuse engagée ou, pire, caissière (Nawal, je t’aime) si je le fais à Saint Bart ou à Amsterdam (pour une toute autre raison que le soleil, certes.) Mais il faut du courage pour partir toute seule, chose dont je manque crucialement dans la vie mais que je vais finir pas trouver dès que j’aurais regarder La vie rêvée de Walter Mitty.

4/ Retourner en Corse. Bien sûr, là c’est mon coeur qui parle et j’ai beaucoup trop écouté mon coeur dans la vie pour savoir que ce n’est pas toujours une bonne idée.

5/ Continuer à me demander ce que je fais bien pouvoir faire de ma vie du haut de mes 22 ans, éblouie par le soleil depuis mon lit et attendre que Dieu me fasse un signe.

6/ Trouver quelqu’un pour m’offrir un journal intime au lieu de polluer la toile avec ma vie. (En même temps, il faut bien que je me plaigne quelque part, à quelqu’un du peu de crédit que Dieu accorde à ma vie, non ?)

On pleure (pas) pour la Saint Valentin

Comme toutes les filles du monde, j’aime la Saint Valentin seulement si j’ai un copain/une meilleure amie/quelqu’un sous la main ce soir là. Parce que c’est quand même l’une des fêtes les plus déprimantes de l’année à passer toute seule (avec Magic Mike pour le plaisir des yeux, quand même.)

L’année dernière, c’était pas mal mais c’était seulement grâce à moi, il y a des hommes qui ne sont définitivement pas fait pour l’amour autant qu’il n’y a pas d’hommes attachés de presse parce que ça ne s’attache pas, les hommes. L’année d’avant, j’étais avec la seule fille du monde dont je suis tombée amoureuse, au McDo, pour manger un happy meal et aller pleurer au cinéma avec Juliette Binoche. On avait laissé le romantisme aux autres mais c’était certainement la meilleure Saint Valentin de mes Saint Valentin.

Bien évidemment, si je n’avais eu personne pour la fêter, j’aurais écrit un tout autre article en me lamentant sur tous les chagrins d’amour que j’ai du endurer et ô combien le 14 février est une date purement…commerciale. Et vous n’imaginez pas comment je peux être persuasive à ce sujet : "on ne vit pas chez les Bisounours", “personne n’aime les coussins en cœur rouge” ou "j’ai passé l’âge pour ces conneries." JAMAIS.

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C’est hyper commercial mais c’est la fête des amoureux et c’est pas plus kitsch que de tout remettre en question si notre date aussi sexy soit-il n’a pas payé le premier verre ou d’aller au resto parce que “ça fait six mois qu’on est ensemble” : c’est la tradition.

Les filles qui pensent que c’est " juste une fête pour faire vendre" sont justes seules ou aigries, conditionnées par leur mecs qui préfèrent la Sainte Marguerite ou sont des sortes d’hippies veggies du XXI éme siècle qui trouvent la paix dans la méditation (chacun son truc, moi j’arrive très bien à trouver la paix avec du champagne et des chocolats en cœur) et qui se demandent encore qui est ce Valentin si célèbre en Février. Non parce qu’au fond, toutes les filles aiment l’idée de passer une soirée avec son mec et se rappeler que l’amour est plus fort que tout, même les plus dures d’entre nous.

En attendant, cette année, je peux compter sur mes doigts depuis combien de temps je suis avec mon Valentin (pire expression du monde?) et je pourrais toujours le jour J.

Est ce que je me suis déjà imaginé le scénario 19000 fois dans ma tête ? Pas autant de fois que j’ai rêvé que Nicolas Duvauchelle avait survécu à l’explosion de la voiture dans Braquo. Je suis large.

Il y a celles qui aiment Lena Dunham et celles qui ne l’aiment pas.

Je pense qu’il y a deux sortes de filles dans la vie : celles qui aiment Lena Dunham aka l’héroïne de la série Girls et celles qui ne l’aiment pas.

Vous avez deviner dans quelle catégorie je suis ? NON ?

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Bon. Après un premier essai, il y a un an à Paris, où j’ai littéralement abandonné au bout de dix minutes du premier épisode : pas de beaux gosses, pas de sacs Chanel, pas de guerre, pas de drogue, pas de sang…j’ai finalement regardé les deux saisons de la série et fait une étude approfondie sur Lena Dunham, devenue “la nouvelle Marilyn Monroe” du XXIème siècle parce qu’elle a des formes et qu’elle les assumes tous les soirs sur HBO.

En deux ans, elle est devenue la reine du glamour pour ne pas s’être laissée prendre au jeu des diktats de la mode. Dans quelques temps, les filles du monde entier qui ne font pas du 36 descendront dans la rue en scandant "Lena Présidente !" et personne ne trouvera rien à redire parce que ça ne fera pas de mal à notre génération et à celles qui arrivent de réaliser que Victoria Beckham et les Anges de Victoria’s Secret, ce n’est pas la vraie vie mais que Lena, c’est l’avenir. AH BON.

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Le problème n’est pas tellement qu’elle assume ses rondeurs qu’on a clairement vu sous toutes les coutures dans tous les épisodes (elle aime le sexe la petite Lena -aucun doute là dessus- et nous aussi), non, c’est plutôt qu’elles nous les crache à la figure, tellement qu’on se sentirait presque mal d’être mince ou juste dans la norme, comme si ne pas avoir d’aussi grosses poignets d’amour qu’elle faisaient de nous des filles superficielles. Voyons.

Dans sa série qu’elle a crée (et je lui tire mon chapeau pour ça), elle veut restaurer l’image de la femme, redonner confiance aux ados et prôner la taille 40 parce qu’il y en a a marre des filles qui se saignent pour ressembler aux clichés qu’on voit dans les magazines. Elle semble définitivement bien dans ses baskets puisqu’elle laisse les hommes lui dire qu’elle est "belle, pour une grosse" sans pleurer des torrents après. AH.

Seulement voilà, dans Girls (et dans la vie), elle n’est pas jolie, elle n’est pas attachante (je suis une proie facile,j’étais totalement amoureuse de Jesse dans Breaking Bad et vous m’auriez laissé une saison de plus, j’étais amoureuse de Mr White) mais surtout elle est la disgrâce incarnée, un peu plus, à chaque épisode.

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Sauf que Lena est amoureuse et c’est là qu’on se retrouve. Même si j’ai eu du mal à trouver quelque chose de sexy chez son mec Adam, à force de le voir torse nu ET de le voir la regarder plein d’amour, j’ai dû me rendre à l’évidence, c’est un mec bien sous tous rapports et je la comprends. L’amour, ca rapproche, n’est-ce pas ?

Malgré tout, maintenant que je l’ai rhabillé en taille 50 pour l’hiver, je vais regarder la saison 3… pour Jessa et Sosh,deux miracles dans cette série, en priant pour qu’Hannah rencontre une sorte de gourou spirituel qui lui apprenne à rester elle même sans en faire des caisses. En attendant, je fermerai les yeux pour pas me trouver trop pudique, maniérée ou…maigre.

AIME MOI 2014

Je rêve trop et c’est pas bon pour ma réalité.

Je ne pourrais même pas compter combien de fois j’ai déjà imaginé mon mariage, (moi qui ai juré de ne JAMAIS me marier, mais quand le romantisme prend le dessus…) rien que cet été, sur la place du village en Corse, avec ma robe blanche à manches longues et mon gros diamant, ou combien de fois je me suis vue arriver au bureau en Harley à la Brigitte Bardot, parce que le mec aime les motos.

J’ai un énorme péché mignon dans la vie : les garçons. A cause de ça, j’ai perdu quelques copines et certainement des millions de fois, ma fierté et je n’ai rien gagné que des souvenirs qui disparaissent avec le temps et des bleus au coeur qui font mal mais, mon dieu, ils me rendent heureuse comme personne.

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Mon bonheur/mon destin/ma bataille se résume donc à trouver l’amour et à le garder et c’est LA que Dieu et sa miséricorde qu’il ne m’accorde jamais, entre en jeu. Je veux dire, comme on me l’a gentiment rappelé à la soirée du Nouvel An, je ne suis pas Claudia Schiffer mais je ne suis pas non plus Ugly Betty. Ni même Magalie Vaë ou Susan Boyle. Je devrais donc pouvoir trouver quelqu’un de mon âge, bien sous tout rapport, bon parti et qui accepte de m’amener au loto du village le dimanche et de me ramener à l’heure pour Sept à Huit, non ? J’en demande trop ?

Bien sûr que je pourrais trouver quelqu’un comme ça. j’en vois plein défiler sur Tinder (d’ailleurs, super idée cette appli, mon premier “match” m’a donné l’impression d’avoir accompli quelque chose dans la vie) et même au quotidien comme ce gentil caissier à Auchan que ma mère “trouvait pas mal ” et qui m’a donné envie de pleurer tellement il transpirait la bonté et la gentillesse. Oh oui, il m’aurait emmené au loto celui-là. MAIS NON.

Ce n’est pas que je veuille un bad boy absolument. Bien évidemment, je me suis déjà rêvée femme de mafieux- surtout après avoir regardé Casino, Gangster Squad et les six saisons de Soprano- avec le flingue dans la table de chevet et des bijoux en or à plus savoir quoi en faire, mais un chirurgien m’irait aussi. Même un artiste, tant qu’il est torturé. Ou un footballeur, intelligent (et sexy), un agriculteur.

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Je veux dire, je suis tombée amoureuse d’un Corse de 18 ans de plus que moi, qui vit dans un village de 200 habitants et qui pense grosso modo avec ses copains que la femme est faite pour la cuisine et les enfants et moi j’étais prête à vivre AVEC CA, à cuisiner du figatellu toute ma vie et à appeller mon fils Doumé et ca n’a pas suffit.

Alors oui, j’ai le chic, le don de me jeter dans la gueule du loup parce que je ne fais jamais la même erreur deux fois. Plutôt cinq ou six, pour être bien sûre que mon coeur aime la souffrance. Au cas où.

Et puis après, je pleure.

C’est même mon activité favorite en ce moment entre regarder Breaking Bad„ hésiter entre finir en CDD dans le journal de la Creuse (si même ça, serait envisageable), en stage chez Glamour (oui, j’ai réussi) ou partir faire serveuse en Australie, prier pour enfin avoir mon permis et fêter ça à Amsterdam, devenir blogueuse mode avec les sacs Lancel de ma mère et me demander quelle tenue je choisirais le jour où je déciderai finalement d’en finir… Je rigole. Ou pas.

Mais ce qui hante mon esprit encore un peu plus est indubitablement la raison qui m’a poussé à retourner en Corse raviver mon chagrin d’amour en cette (putain de) fin d’année 2013. Et je crois que la réponse est désespérante : dans chagrin d’amour, il y a quand même amour.

Voilà. Happy new year to me. C’est l’année du tigre, on y croit.

Joyeux anniversaire .

Demain, j’ai 22 ans. Dieu que le temps passe vite. Sur cette photo dans la cuisine, je suis assise tout en bas des escaliers, le sourire aux lèvres et je sais pas encore que la vie ne fait pas que des cadeaux.

Je sais pas encore que je manquerais tellement d’amour que je vais passer tout mon temps à le chercher, que je vais trop donner mon corps pour me faire des pansements au cœur. Je sais pas non plus que je ferais tellement mieux l’amour que l’amitié, que les filles ne m’aimeront jamais vraiment et que j’arriverais jamais à les aimer non plus, que l’espoir guidera beaucoup trop ma vie au point de me le faire graver dans la peau.

Je devine pas encore que les garçons seront aussi méchants quand ils seront des hommes, qu’ils vont jouer avec mon cœur comme ils jouaient au ballon, que je leur ferais jamais autant de mal qu’ils m’en font, que je les aimerais toujours plus que ce qu’ils m’aiment.

Avec mes yeux candides, je me doutais pas non plus de ce que mes parents deviendraient, deux étrangers l’un pour l’autre, l’un pour moi. J’aurais pas pu savoir sans amour sous mon toit qu’à mes 20 ans, je n’aurais pas de home sweet home, mais seulement celle de l’un ou de l’autre.

J’avais pas idée que ce monde serait trop dur pour moi, que j’essayerais toujours de m’enfuir, de m’évader avec autant de fumée pour m’aider. Je savais pas que je serais autant énervée que passionnée, aussi entêtée que dévastée, que je me jetterais dans la gueule du loup avec autant de bon cœur que de lucidité.

Personne m’avait dit qu’il fallait que je réfléchisse deux fois plus que les autres avant d’agir, parce que j’ai le sang beaucoup trop chaud et le cœur beaucoup trop fragile.

Alors, cette photo de moi, j’ai envie de la déchirer parce que j’aime pas ce que j’en ai fait. Je pouvais pas savoir que ma vie se résumerait à pas crier , à pas pleurer et à tomber amoureuse.

Je pensais pas, à cette époque, que je pourrais faire autant d’erreur et retenir autant de sanglots avant d’avoir un quart de siècle .

Joyeux anniversaire.

AU REVOIR PARIS.

Dans une semaine, je quitte Paris. Pas pour toujours mais pour passer l’été en Corse, ô joie ô SOLEIL. Un an à Paris où je voulais que 2013 me fasse rêver mais mon cher et tendre Dieu en a décidé autrement.

J’ai réussi l’exploit d’attraper la galle (glamour, je sais), de perdre (ou de laisser partir, mon auto-psychanalyse n’est pas encore au point sur le sujet, mais j’y travaille) ma meilleure amie sous la menace, me trouver un mec à l’autre bout de la France, enchaîner trois stages dans la mode sans devenir anorexique, vivre les feux de l’amour familiaux à distance et trouver celui qui a détrôné Nicolas Duvauchelle dans mon coeur.

En parlant de lui, je n’aurai donc pas réussi à le croiser. Je sais pourtant où sa fille habite grâce une fille sur Twitter qui s’est vanté de l’avoir croisé dans la cage d’escalier MAIS qui n’a pas voulu me donner l’adresse, me forçant donc à mener mes propres investigations. Pour info, la garce (et donc la fille du deuxième homme de ma vie désormais) habite à Montparnasse. Voilà, je pense que j’ai désormais le droit de clamer haut et fort que Dieu est un charlatan et TANT PIS pour les représailles.

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Défois, il m’arrive de comprendre pourquoi tant d’acharnement. J’ai beau n’être que paix et amour, j’ai aussi mes travers. Après avoir répété mille fois que, moi vivante, je ne reviendrais plus jamais à Paris, maintenant je n’ai plus envie de partir. L’histoire de ma vie, j’aime puis je désaime comme on s’habille et se déshabille.

Ma chambre de bonne où je peux presque voir les étoiles et ouvrir le frigo depuis mon lit (très pratique en cas de crise de boulimie) va me manquer . Même les 115 marches pour y arriver vont me rendre nostalgique : c’est le meilleur moyen pour affronter l’épreuve de la plage avec dignité, blanche comme jamais mais sans cellulite. Je suis sau-vée. 

Je vais aussi regretter Paris pour la concentration de beaux mecs au mètre carré. Beaucoup trop d’hipsters-chipsters mais tellement mignons qu’on les pardonne.

Venir au bureau tous les matins à pied en beyoncant (comprendre se prendre pour Queen B en écoutant Who run the World, Girls! dans la rue) avec mon croissant va aussi terriblement manquer sur la plage de Corse, mon bureau va me manquer, mon Mac, à savoir le plus capricieux de TOUS les Mac, va me manquer, même mes collègues qui bitchent encore plus que moi (oui, j’ai aussi été la première choquée) vont me manquer.

Mais je devrais survivre, je pars pas toute seule (big up Laure la ouf, je sais que tu te cherchais entre les lignes). Pourtant,j’ai le coeur brisé en mille morceaux depuis que j’ai compris que “l’amour interdit” n’était pas qu’une expression mais bien un phénomène déchirant que je suis entrain de vivre. Alors, j’ai vraiment l’espoir de me faire recruter par la mafia Corse. Je suis sûre qu’un peu d’action, ça me mettrait du baume au coeur.

Chronique d’une stagiaire mode pendant la Fashion Week

La semaine dernière, j’ai entamé ma deuxième Fashion Week. Pour la deuxième fois, j’ai squatté les parvis des défilés et toujours pas les front rows, mais je commence à mieux le vivre. Il faut dire que j’ai aussi compris une chose importante : je ne suis pas (encore) Anna Wintour. Ca paraît évident comme ça mais pour moi et mon égo surdimensionné, ça a été dur à avaler.

Peu importe, totalement connectée avec cette semaine de la mode d’importance mondiale pour beaucoup de monde (si, si je vous jure), je me suis armée de mon appareil photo, de mon collier de blogueuse qui en jette et de mon plus beau sourire pour dénicher les meilleurs looks d’individus (presque) lambdas traînant aux abords des défilés par PUR hasard.

Oui, en période de Fashion Week à Paris, les talons de 12, les fourrures roses, les robes de créateurs et les jambes nues, c’est NORMAL et je suis sûre que ce petit détail ne vous avait pas échappé.

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(Petite parenthèse : on a l’impression que je le vis bien comme ça donc il faut que je clarifie les choses. La mode est avant tout un monde cruel et impitoyable. Je vous explique.)

Stagiaire de mon état, je décide d’envoyer une demi-centaine de mails pour obtenir le st-graal de toutes les journalistes de mode : les invitations au défilé. Le cher et tendre attaché de presse d’Elie Saab me demande les noms des personnes qui souhaiteraient assister au fameux show. Je donne donc ceux de mes deux collègues et le mien (ET LE MIEN). Je le relance pour être sur qu’il ne nous a pas oublié. Bien sûr que non.

Ô stupeur, Ô tremblements, Ô SURPRISE quand mes deux collègues reçoivent leur invitation cartonnée et calligraphiée à la main de leur joli nom et que moi NON. Voilà, même si au tréfonds de mon âme, je trouve les robes d’Elie Saab magnifiques à en pleurer, je ne l’avouerai plus ja-mais.

Revenons à nos moutons, j’ai aussi joué (à merveille) la paparazzi pendant la Fashion Week . J’ai littéralement failli mourir et pas seulement de jalousie.

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15 heures : le défilé Dior va commencer. Je me marre quand j’entends les photographes/paparazzis hurler à la mort (promis, je n’en rajoute pas) pour attirer l’attention des stars, des mannequins, pire,des blogueuses qui font leur entrée sur le tapis rouge de Dior. Quand, soudain, perdue parmi les 1000 stagiaires qui, comme moi, scrutent les alentours pour trouver la perle rare du look ( et dans mon cas, repérer un éventuel Nicolas Duvauchelle au détour d’une ruelle), j’aperçois Natalia Vodianova, mannequin pour Etam depuis… toujours.

En un quart de seconde, me voilà entourée d’environ 60 photographes qui donneraient leur vie et celle de leurs enfants pour une photo d’elle. Impossible de leur échapper, je suis donc écrasée, bousculée, transportée dans un autre monde où mes pieds ne touchent plus le sol. Puis, tel un rugbyman en pleine mêlée, j’ai joué des épaules et me suis sortie de ce guet-apens avec tous mes membres, grâce à Dieu. Pour Kate Moss, moi aussi j’aurais vendu ma mère mais, là quand même, NON.

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Mis à part cette mésaventure, j’avoue que jouer les paparazzis m’a bien plu. J’ai pris une photo de Carine Rotfield que je pense sincèrement vendre à Voici pour un bon prix et j’étais au troisième rang du premier défilé Zadig et Voltaire, je me rapproche de la gloire.

Il faut dire que je crie sur tous les toits qu’être journaliste dans la mode, c’est bien mais pas pour toute la vie. Mais en période de Fashion Week, je reconsidère beaucoup cette petite théorie. Je m’y verrais bien. De toute façon, je suis obligée d’y retourner à la saison prochaine : je n’ai toujours pas vu Karl Lagerfeld.

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"Dieu : quel autre enculé pourrait assumer à sa place les injustices du monde ?" (et de ma vie ?)

Gainsbourg.

2013, FAIS MOI REVER

Depuis lundi dernier, j’ai commencé un nouveau stage toujours dans la mode, toujours pour parler de robes, de créateurs qui portent des jupes (vade retro marc Jacobs) et de blogueuses qui sont, certes, très jolies mais dont le seul talent est de savoir faire du shopping et qui gagnent le salaire d’un PDG pour ça. J’ai raté ma vocation, je le savais.

En attendant, j’ai enfin trouvé un stage digne de ce nom ( ma maître de stage a travaillé chez Vogue ET CHEZ GLAMOUR, ça joue) qui me fait dire que, non, les filles qui bossent dans une rédaction ne sont pas toutes des langues de vipères sur talons aiguilles qui te reluquent avant de te dire bonjour. Ah non, pardon, ça c’est partout à Paris et dans le reste du monde.

Dans tout ce harem de filles vouées corps et âmes à la mode, il y a un mec, un seul, avec l’étiquette du beau gosse attitré. Alors oui, j’aurais pu voir dans cette mise en abîme de ” Charly, les filles lui disent merci”, une sorte de mission personnelle tout droit envoyée par Dieu mais NON. Non, car j’ai pris des résolutions pour 2013 et résister à l’appel maléfique mais néanmoins irrésistible du Tout-Puissant en fait partie. Entre lui et moi, l’amour vache, c’est fini.

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- Le classique “j’arrête de boire”. Depuis que, dans la même soirée, j’ai cru boire des shots de tequila/citron/sel alors que c’était des shots à l’eau (et oui, je faisais quand même la grimace) et que j’ai failli subir une amputation du coccyx à force de tomber sur les fesses, j’ai décidé de rayer de ma vie les shots, la vodka et tout le reste. Voilà, il me reste la bière et le champagne (on ne renie pas ses origines) pour survivre, je suis sau-vée.

- Rencontrer Nicolas Duvauchelle.

- Arrêter de déprimer. J’ai décidé que ma nouvelle devise allait devenir “Ne pas se laisser abattre “. Oui, je suis totalement entrain de virer Amel Bent “Viser la lune, ca ne me fait pas peur- toujours le poing levé” et cette philosophie n’a pas l’air de très bien marcher pour elle puisqu’elle est désormais la nouvelle égérie des pubs Weight Watchers. Et le jour où j’en suis réduite à faire de la pub pour des régimes, ça voudrait dire que non seulement ma carrière de journaliste n’aura pas décollé du tout et qu’en plus, je ne rentrerais plus dans du 36. Autant vous dire que ce n’est pas la lune que j’essayerai de viser mais bien le fond de ma piscine, vide. A part ce gros détail, je vais quand même arrêter de me plaindre (sauf les jours de gueule de bois, bien sûr, faut pas pousser.)

- Me motiver. Paris, c’est cool, la mode c’est (un peu moins) sympa mais le soleil à l’autre bout du monde, c’est MIEUX. Alors, je me suis faite la promesse en buvant mon énième gorgée de Vodka Schweppes Gingembre (merci Nawal) le soir du 31 à minuit et à Waterloo, que l’année prochaine à la même heure, je serai sur une plage, bronzée et accompagnée d’un magnifique surfeur blond australien ou de mon boyfriend actuel (oui, je ne m’arrêterais JAMAIS de rêver ni en 2013 ni en 2114, je compte vivre centenaire). Il est pas surfeur mais il est blond, je suis sur la bonne voie.